dimanche, août 12

[Ce soir...] Filet de porc, sauce vin rouge et chocolat, petits pois à la française et purée au pesto de persil




Qui a dit qu’un vin médiocre ne pouvait pas donner d’idée ? Pas vous bien entendu. Bien, vous me rassurez. Pour ma part, j’en ai eu la confirmation, il y a de cela quelques jours… À mon grand désarroi, une bouteille de jus de raisin fermenté médiocre (que je n’avais pas choisie…) me resta sur les bras, faute d’avoir l’autorisation de gagner papilles et œsophage. Mais que faire de ce flacon à moitié plein dont on ne pourra compter sur aucune des vertus pour la simple et bonne raison qu’il n’en possède aucune. Méditation profonde en tête-à-tête avec le maudit rebut encombrant… Et soudain : la petite ampoule qui s’allume au-dessus du petit crâne (oui, oui, comme dans les cartoons ; mais les cartoons ne boivent pas de vin, même mauvais !). Oui, une idée d’apparence ordinaire qui tombe du ciel : une sauce ! Mais quelle sauce ? Je rappelle que le vin (que je ne nomme ni ne nommerai, car il n’en vaut même pas la peine)  n’a rien pour lui et qu’il ne pourra aucunement servir à sublimer par lui-même un plat, comme le ferait un vin jaune du Jura sur sa poularde mitonnée aux morilles ou le Riesling entre les fières plumes d’un beau coq vainqueur… Travestissons cette sauce, donnons-lui du corps ; un peu d’audace, que diable !

Tout d’abord, la viande : un joli filet de porc en magasin. Cuit à la poêle (en inox ; évitons le téflon, c’est important), pourquoi pas au Mycryo ? Une fois le porc bien marqué, coloré et assaisonné on le réserve tranquillement. Et c’est là que la sauce démarre. En douceur d’abord, par une échalote émincée et conjuguée aux précieux sucs. Une fois le bulbe devenu translucide, quelques cuillères à soupe de farine l’enrobe, avant que l’horrible vin rouge vienne arroser l’ensemble de son mépris. Ca mijote maintenant. Passons à présent à la transformation. Chocolat ! Oui, vous avez bien lu. Quel autre ingrédient pourrait à la fois épaissir, colorer et aromatiser une sauce ? Je vous le demande. Vous l’ignorez ? Eh bien, je vous l’affirme : chocolat ! Naturellement, nous optons pour le noir, une vingtaine de grammes, pas plus ; hors de question d’incorporer quelque praliné ou autre chocolat blanc, résolument incompatibles avec le salé (quoi que, sait-on jamais…). Ça continue de mijoter, ça s’homogénéise (difficile à prononcer !) ; c’est le moment de réveiller la viande. Après avoir éteint le feu, elle se laissera badigeonner par la sauce sombre et désormais bien épaisse. Ni une, ni deux, la poêle garnie est déposée dans un four préchauffé à 150° (voilà pourquoi le téflon est à bannir) ; elle y restera de 20 à 30 minutes selon la taille du filet.

Et pour l’accompagner ? De la force, des arômes ! Il faut de quoi tenir tête à ce porc bien habillé. Quelques petits pois juste écossés, une carotte, une poignée d’oignons grelots, une tranche de poitrine fumée, un cœur de laitue, deux feuilles de laurier, une branchette de thym ; le tout cuit lentement à l’étuvée dans une casserole avec un verre d’eau. Un rien de sel, un peu de poivre et voici des petits pois à la française bien aromatiques et savoureux. Continuons de rétablir l’équilibre. Encore un peu de saveur, encore, encore ! L’accompagnement par excellent des plats de ménagère en sauce (les plats, pas la ménagère…) : la purée ! Vous y êtes ! Mais quelle purée ? Au beurre ? Au lait ? That’s the question ! Suivons l’idée principale de ce plat : transformons, décalons, sublimons ! Un peu de persil, quelques pignons de pin torréfiés, deux gousses d’ail écrasées, deux bonnes cuillères à soupe d’huile d’olive, du sel, du poivre ; un coup de mixer : un pesto de persil minute qui atterrit illico dans les pommes de terre prêtes à s’écraser. Le résultat ? À mille lieux de la patate du dimanche : une bombe de saveurs qui tiendra tête au cochon tout puissant.

Un mot de conclusion peut-être : une concoction folle qui fait oublier la pire des piquettes. Les saveurs sont si puissantes et nombreuses qu’il est même difficile d’imaginer un accord met-vin qui vaille le coup. Paradoxe des paradoxes ! Oh et puis qu’à cela ne tienne. Dégustez votre plat avec un bon verre d’eau bien sage et surtout évitez à l’avenir de vous tourner vers ce vin si mauvais. Vous n’aurez pas toujours de si bonnes idées…

dimanche, août 5

[Sortie] Les Saveurs d'Edel




   (7080 Frameries – 105, Rue de l’Industrie)

   Site Web : http://saveursdedel.be/

   Date du repas : 4 août 2012

   Plat : Bar royal farci à la méditerranéenne, palets de polenta et bettes à l'ail (24,50 €)

   Dessert : Tartelette à la framboise (6,50 €)

   Vin : Mâcon-fuissé (100 % Chardonnay) (29 €)



Accueil : 4/5
Service : 4/5
Cadre : 4/5
Ambiance : 3,5/5
Qualité : 4,5/5

Note globale : 4/5 




Nous revoilà de nouveau sur la rue de l'Industrie à Frameries. Point d'obsession de ma part, rassurez-vous ; juste une bien jolie coïncidence. « Bien jolie » car cette deuxième expérience on ne peut plus autochtone a été l'occasion d'un moment des plus agréables.

Tout d'abord intrigué positivement par le bâtiment aux allures de petit hôtel particulier coquet qui détonne par rapport aux structures voisines, je découvre une salle décorée de manière relativement sobre, moderne et assez épurée, de laquelle se dégage une impression de confort et de tranquillité. Les tables elles-mêmes sont d'un bon goût simplissime : un chemin de table prune sur une table sombre, des chaises larges en plastique confortables et élégantes (association de qualités rarissimes pour cette matière habituellement si décriée ; il est important de le noter !). À y mieux regarder, le cadre offre ses petites notes d'originalité : des lustres nettement dépareillés, des vitraux d'une autre époque et un bar ouvert installé dans l'ancienne cuisine du bâtiment. 

Nous sommes conduits à notre table par un serveur (j'apprendrai, par après, qu'il s'agit de l'un des deux tenanciers) dont la décontraction étudiée (appréciez l'oxymoron) me donne un sentiment de relative confiance. Cette même personne approche une structure sur roulettes sur laquelle reposent deux ardoises reprenant les suggestions du moment : 5 entrées, 5 plats, 4 desserts et rien de plus. Me voilà confronté à l'une des situations que je préfère : un choix restreint qui sent l'inspiration et qui a le mérite d'être variable (à ce titre, vous n'imaginez pas le nombre d'ardoises renseignant soi-disant les propositions selon l'humeur du chef et dont les intitulés ne changent pas d'un iota en plusieurs années... Surtout en centre-ville, univers des clients « one-shot » au grand bonheur des petits menteurs).

Nous passons commande. Après une analyse exhaustive de la carte des vins (dont les nombreuses indications permettent au néophyte comme à l'amateur de s'orienter - nouveau fait rarissime), je choisis le Mâcon-Fuissé (dont je ne me rappelle malheureusement plus l'intitulé ; croyez-bien que j'en suis tout aussi navré que vous...). Le serveur/patron prend note et commente brièvement mon vin par un : « il est super » ; sentence qui, malgré son aspect trivial, traduit une spontanéité sincère et surtout une certaine connaissance des vins proposés (petite note pour les amateurs : nous étions sur des notes très peu boisées pour un Bourgogne blanc, ce qui était plutôt appréciable vu la composition de nos plats respectifs). Je n'ai pu d'ailleurs que confirmer l'opinion susmentionnée : il est super ! On notera quelques approximations au niveau du service dudit breuvage (service du goûteur en deuxième position et non en dernière, comme le voudrait l'usage, mais que l'on pardonnera tout à fait vu l'ambiance générale agréable et sans trop de prétention.

Après quelques mises en bouche qui fonctionnent très bien (un wrap méditerranéen et une cuillère apéritive au thon frais et tartare de tomates), les plats nous sont servis pratiquement en même temps. Mon bar farci m'est présenté de manière mi-traditionnelle, mi-moderne : quelques dés (pas vraiment des palets, comme le prétendait l'intitulé) de polenta superposés, une rosace de crème de vinaigre balsamique ponctuée d'une fleur de bourrache, les bettes posée sur le côté gauche de l'assiette et puis le poisson entier (tête comprise, pour les gens que ça rebuterait). Une assiette colorée et gourmande que j'ai tôt fait d'inaugurer. En bref, voici mon avis : toutes les cuissons sont maîtrisées, les produits sont de première fraîcheur ; mon seul regret porte sur un assaisonnement un rien faible sur les bettes et la chair du poisson, en opposition à la farce méditerranéenne (mes papilles m'ont notamment soufflé : poivron, tomate, aubergine, ail...) , dont la puissance remarquable créait un contraste un rien perturbant. En ce qui concerne la quantité, les proportions ont été impeccablement équilibrées et calculées : je n'avais pratiquement plus faim ; espérons que le dessert ne soit pas trop costaud...

Et le dessert le voici. Un intitulé simplissime pour une saveur remarquable. En passant commande, je redoutais de voir poindre sous mon regard déjà déconfit une minable tartelette profilée et scolaire sans relief commandée à la pâtisserie du coin. Grossière erreur de ma part ! Certes, l'assiette qui m'est servie n'est pas une attraction hors du commun (et je n'en attendais pas tant), mais le goût est plus qu'à la hauteur : le fond de la tartelette est une sorte de grand sablé breton sur lequel repose une gelée de framboises surmontée d'un tapis de framboises fraîches légèrement glacées ; l'assemblage est posé sur un large trait de fraises poêlées à la menthe : fraîcheur, sucré, acidité, gras (dans son aspect positif) et équilibre : un dessert qui va droit au but, et le mot est faible ; sans compter son prix qui défie toute concurrence pour une telle qualité. 

Enfin, une brève discussion avec le patron m'a permis d'apprendre que la grande majorité des fruits et légumes proposés étaient issus du jardin situé à l'arrière du restaurant (je vous invite par ailleurs à vous rendre sur le site Web de l'établissement pour en apprendre davantage). En outre, c'est avec une certaine fierté (et elle est justifiée) que ce monsieur a tenu à souligner le « traçage » des produits présentés tant au restaurant que dans les deux sandwicheries filiales de Jemappes et Mons (de nouveau, rendez-vous sur le site pour plus de détails). En effet, la quasi totalité des préparations et garnitures sont préparées au jour le jour par l'équipe hormis quelques rares exceptions (je salue d'ailleurs vivement cette honnêteté qui en dit long sur la passion de ces artisans de bonheur).

Nous quittons déjà l'établissement agréablement reconduits et salués. En mon fort intérieur, un premier commentaire me vient spontanément : je reviendrai.

En résumé :
simplicité, authenticité et originalité sont les maîtres mots. Vous découvrirez un véritable concept né d'une passion commune, lequel sera bien mieux explicité et narré par les auteurs de cette belle aventure que par moi-même.

Rendez-vous aux Saveurs d'Edel si :


- Vous aimez l'authenticité, la fraîcheur, la simplicité.
- Vous souhaitez découvrir quelques produits peu communs tout en n'étant pas noyé sous une avalanche d'adjectifs et de superlatifs pompeux.
- Vous appréciez la discrétion, ainsi que les commentaires pertinents d'un personnel passionné.

N’allez pas aux Saveurs d'Edel si :


- Vous fuyez la découverte.
- Vous souhaitez manger une cuisine plus traditionnelle (le cas échéant, je vous renvoie quelques numéros plus loin dans la même rue ; cf. mon article sur l'Assiette au Beurre).
- Vous ne souhaitez pas dîner à deux à l’extérieur pour moins de 70 euros.

mercredi, août 1

[Ce soir...] Echalotes lardées braisées au vin blanc et au thym


Bon. Voyons les choses telles qu’elles sont : les variations de température, les journées plus qu’humides qui entrecoupent des petits bouts de canicule… Autant de calamités pour les choix vestimentaires comme pour les emplettes alimentaires. À peine le soleil fait-il mine de pointer l’orteil d’un rayon, que salades de pâtes et tomates-mozzarella sont dressées à toute vitesse. Ça urge ! Vite, vite, le farniente ! Vite, vite, la bronzette ! Et puis, en une poignée de jours (d’heures ?), nous revoilà aux potées et soupes qui revigorent les peaux frissonnantes.

Que faire ? Que manger ? Pour tâcher de glaner quelques informations qui allaient me permettre de répondre sérieusement et implacablement à cette question existentielle, j’ai fait appel à l’une de mes sources d’idées les plus riches : je me suis rendu sur le vieux marché de Mons. Ce fut donc aux petites heures d’un dimanche encore somnolant que j’analysai les étals des marchands habituellement dignes de mon intérêt. (Un conseil : aux jeunes hurleurs rasés de près gominés et agressifs, préférez les mains sales rustiques mais calmes, lesquelles proposent certes un choix plus restreint, mais très certainement plus authentique ; vous épargnerez ainsi portefeuille et tympans…)

Quelques betteraves rouges et deux bouquets de brocolis plus tard, une idée me vient subitement, sous les yeux comme sous le crâne : de magnifiques échalotes géantes (de la taille d’un petit chicon) me charment et me distillent déjà leurs parfums de cuisson potentiels. Adjugés ! Cinq d’entre elles atterrissent au fond de ma glaneuse. Les idées germent à toute vitesse : cinq fines tranches de lard fumé, puis retour au bercail. 

De splendides échalotes enroulées dans un lard bien parfumé…  Ça braise gentiment dans une cuillère à soupe de graisse d’oie ; on y jette une poignée de petites branches de thym du jardin, on déglace au vin blanc (un Picpoul de Pinet pour ma part)… Ça chante, ça caramélise pendant vingt minutes à couvert… Et voilà un accompagnement passe-partout à servir avec un boudin blanc au barbecue, un rôti de porc mitonné à votre idée, ou seul tout simplement, avec un verre du vin blanc qui a sublimé les jolis bulbes lardés, pourquoi pas.




À vous de goûter

vendredi, juillet 20

[Ce soir...] Parmentier de cabillaud à l'oseille et salade mélangée à l'huile de noix



Vendredi soir…  Sus aux gestes techniques, aux préparations précises et de longue haleine ! Un petit tour au jardin et les idées germent toutes seules, comme des grandes : une laitue à point, un bon bouquet de feuilles d’oseille à couper, de la roquette qui me fait de l’œil… Réflexion (pas trop intense, j’ai dit !) : parmentier de poisson à l’oseille et petite salade à l’huile de noix. Adjugé !

Quelques pommes de terre cuites à l’eau pendant une bonne demi-heure, une lichette de lait, quelques noix de beurre, sel, poivre, noix de muscade… Bref la purée de Monsieur tout le monde. 

Il trainait dans mon congélateur un paquet de filets de cabillaud surgelés Iglo (à chacun ses moments d’égarement…) et une barquette de crevettes grises. Tout ça est bien vite dégelé, et le poisson se laisse couper en lamelles grossières sans ménagement. 

Et puis ? Après avoir épluché (soit ôté la majeure partie de la tige des feuilles) et haché sommairement l’oseille, une noix de beurre la réceptionne sans manière au creux d’une poêle afin de dégager un maximum d'eau du légume (qui, comme toujours, fond comme peau de chagrin...). Un peu de sel, un peu de poivre, et le troisième élément du plat est fin prêt (Quoi, déjà ?!).

Le reste n’est plus qu’assemblage : une couche composée du poisson cru et des crevettes, une autre plus fine de fondue d’oseille et enfin une bonne chape de purée, lissée, ratissée, dessinée… comme vous voulez ! 

Hop ! Ni vu ni connu, le plat glisse dans un four préchauffé à 180° (traditionnel) pendant 20-30 minutes (selon la quantité). Et pour épater la galerie (et vous-même avant toute chose…), pourquoi pas un rien de coloration supplémentaire ? Pour ça, rien de plus simple : au terme des 30 minutes, définissez votre four sur le mode grill. Comptez 10 minutes supplémentaires en n’oubliant pas de surveiller fréquemment (l’or délicieux devient vite charbon dégueu…). 

Et le tour est joué ! Une petite salade laitue-roquette et sa vinaigrette à l’huile de noix viend pile poil rafraîchir un plat qui, malgré son allure gourmande, n'est pas plus riche qu'un poisson-purée-légume, finalement !


À vous de goûter !

lundi, juillet 9

[Ce soir...] Courgette farcie au poulet épicé, spaghetti au pesto de roquette et brunoise de deux poivrons








Pour 4 personnes


600 grammes de filet de poulet
2 petites courgettes allongées
1 grosse poignée de feuilles de roquette
5 à 6 grandes feuilles de basilic
1 petite poignée de pignons de pins
2 gousses d’ail
Parmesan
500 grammes de spaghetti
1 poivron rouge
1 poivron jaune
Une petite botte de ciboulette
Huile d’olive
Curcuma moulu
Piment doux moulu
Sel fin
Fleur de sel
Poivre noir


Laver, équeuter les feuilles de roquettes et les essorer. Laver et sécher le basilic. Pendant ce temps, faire torréfier les pignons de pin cinq minutes dans une petite poêle à feu vif sans cesser de les remuer afin qu’ils ne brûlent pas. Quand les pignons sont froids, les placer dans le bol d’une moulinette avec le basilic, la roquette, les deux gousses d’ail entières, quelques petits morceaux de parmesan, trois cuillères à soupe d’huile d’olive, une pincée de poivre et une petite pincée de sel (attention, le parmesan est salé). Mixer le tout finement, goûter et rectifier l’assaisonnement. Verser dans un bol et réserver au réfrigérateur.

Faire préchauffer le four à 170°. Couper les courgettes en deux dans le sens de la longueur. Avec une cuillère à soupe, creuser la chair de la courgette afin d’en ôter une bonne partie (veiller à ce qu'il reste environ un demi centimètre de chair sur la peau de la courgette). Après avoir lavé et séché le bol du mixer, y placer la chair de courgette, la mixer, puis la verser dans un saladier. Découper les filets de poulet en gros dés, les placer dans le bol du mixer, saler, poivrer, mixer, puis ajouter à la chair de courgette. Mélanger les deux hachis, ajouter le curcuma, le piment doux, la ciboulette préalablement hachée, le sel, le poivre, puis mélanger. Quand la farce est bien homogène, garnir généreusement les deux courgettes, assaisonner d’un peu de fleur de sel et enfourner 30 à 40 minutes. Dix minutes avant la fin de la cuisson, cuire les pâtes, éplucher les poivrons et les tailler en brunoise fine ; mélanger les deux poivrons. Quand les pâtes sont cuites, ajouter le pesto et bien mélanger. 

Dressage : placer une courgette farcie par assiette ; déposer un nid de pâtes surmonté de deux bonnes cuillères à soupe de brunoise de poivron.

Un nouvel exemple de l’utilisation du hachis de poulet à la place des habituels mélanges porc/veau, porc/bœuf. La légèreté et le goût assez neutre de la viande blanche permettent une multiplicité des associations et des assaisonnements possibles. L’amertume de la roquette et le sucré-acide des poivrons des pâtes confèrent à l’ensemble une note rafraîchissante.


À vous de goûter !

dimanche, juillet 8

[Médias] MasterChef Junior ou l’école des fanes



Tout fout le camp ! Les capacités des jeunes en langue française déclinent, smartphones et autres gadgets tactiles gagnent des paumes de plus en plus petites, et des gamines de 11 ans concoctent des Phở en moins d’une heure (un plat traditionnel vietnamien dont la préparation et la cuisson s’étalent généralement sur deux jours au minimum).

Aujourd’hui, pas de recette, de commentaire relatif à un produit testé ni de critique d’un quelconque établissement. À vrai dire, le sujet que je tenterai d’aborder s’éloigne très nettement de ce qu’est réellement la cuisine, cette activité logique et progressive qui requiert pas mal de patience et un minimum de savoir-faire.

Jeudi soir, comme beaucoup d’employés ordinaires fourbus de leur journée de dur labeur, je me suis fait avoir. Jeudi soir, j’ai regardé MasterChef Junior. En réalité, depuis deux bonnes années, peu importe la nature des candidats (professionnels, amateurs, enfants…) ou le nom de l’émission (MasterChef, TopChef…), le même traquenard nous confond en nombre, et avec le sourire.

Cette fois encore, le sentiment primaire était plutôt positif : j’allais sans doute voir de nouvelles choses, découvrir des produits, apprendre quelques techniques… L’engouement était de mise. 20h50 : nombreuses annonces publicitaires, générique, et en avant pour plus de deux heures de cuisine.

Quelle(s) différence(s) peut-il bien y avoir entre une saison normale de l’émission MasterChef et cet « hors-série » à l’occasion duquel les candidats(e)s sont âgés entre 10 et 13 ans ? Elles ne sont pas bien nombreuses : un bon gros supplément de mièvrerie, une ablation sévère des critiques objectives, une fonte subite des exigences… Certes, les gosses sont épatants : éveillés, pertinents, voire parfois matures dans leurs remarques ; l’écrémage à la sélection s’est certainement voulu assassin au possible. Au vu des personnages et des assiettes, le tri sévère s’est fait sur deux critères principaux : la bouille et les connaissances élémentaires. Après, les cris juvéniles, les petits ratés, l’épreuve évidente du dessert au chocolat… Tout ça, c’est mesuré, pensé, contractuel. À l’instar de leurs aînés, les candidats préadolescents manifestent la contamination dévastatrice des modes qui passent : ça use de feuilles de brick à gogo, ça parle de Phở (eh oui, encore…) sans toutefois savoir de quels pays sont issus carpaccio et poulet tandoori…

Et le but de tout ça ? Nous montrer quels individus constituent le pourcentage infiniment minoritaire d’enfants capables de différencier une tomate d’un concombre ? Galvaniser la frustration et l’impotence de ménagères modernes qui peinent souvent à réussir leur simple béchamel tandis que le benjamin de la famille pourrait être hypothétiquement en mesure de confectionner le plus beau soufflé qui soit ? (Pour la peine, tu  seras privé de dessert ! File dans ta chambre !) Les questions s’alignent… Une chose est certaine, néanmoins : pour la pédagogie, on repassera… La vitesse suraccélérée des épreuves, la brièveté des séquences et les gros plans répétés et intempestifs sur le chronomètre empêcheront tout apprentissage même fugace. Mais ne prenons pas des projecteurs pour des néons de cuisine ; téléréalité oblige, observer l’intégralité des étapes nécessaires à la confection d’une sauce béarnaise, sans musique d'arrière-plan ni commentaires incongrus, ça n’intéresse plus personne… Même si un gamin de 10 ans est aux commandes.

Et puis le gagnant ? Pourquoi lui ? Son boudin noir, servi à l’occasion de l’épreuve finale, était-il vraiment plus croustillant ? Sa patate, mieux cuite ? Ou bien est-ce sa frimousse, rappelant de loin le héros mourant du très larmoyant Oscar et la dame rose qui a attendri un jury composé d’anciens candidats adultes tout aussi piégés que lui-même, que ses concurrents, que moi…  gobé trois heures durant par du vide qui gigote ?

mardi, juillet 3

[Ce soir...] Trois points de sustentation...


Un petit gueuleton entre collègues et tout est engoncé… Comme pourrait nous le servir justement un Lamartine inspiré et repu. Chamboulées vos petites habitudes et organisation quotidiennes bien établies. Dégommé votre petit compteur de calories, s’il en fut. Et pourtant, ce soir, vous avez faim. Émergé quasi miraculeusement des strates liquides et adipeuses qu’ont laissées trainer vos libations tentaculaires de la mi-journée, votre estomac, quoiqu’étourdi du premier round, n’a pas excrété son dernier suc.
 
Vaincu par une paella et une pléthore de desserts, le mien réclamait du léger : une laitue fraîche du jardin coupée pour l’occasion, quelques feuilles de roquette et de basilic prélevées un bon mètre plus loin, et voilà la base d’une tambouille qui fait mouche. Deux minutes et trois limaces plus tard, la laitue est nettoyée et coupée (la première de la saison émotion !). Dans une poêle chauffée à blanc (pas trop longtemps naturellement, sinon bobo les matériaux), deux belles tranches de halloumi d’un bon demi centimètre d’épaisseur chantent déjà leur croustillant. Comme vous le savez, ce fromage chypriote jouit de la particularité unique de pouvoir se poêler et se griller comme une viande sans que sa forme en soit altérée (le prodige serait dû à un point de fusion très élevé ; mais je ne vais pas de nouveau vous bassiner avec du blabla de labo). Le feu est éteint ; les deux tranches brunies sur deux faces se taisent et tiédissent. Revenons-en à cette laitue on ne peut plus fraîche. Le basilic et la roquette hachés en couple lui tiennent maintenant compagnie. Au centre, comme une cerise sur un gâteau (je déteste les cerises sur les gâteaux…), pourquoi pas un beau cœur d’artichaut sorti tout droit… de son bocal (Hé non… mon petit climat borain, charmant en soi, ne m’en permettrait pas la culture) ? Les tranches de halloumi « assagies » (comprenez : refroidies) et craquantes en surface viennent par-dessus les feuilles faire étinceler leurs beaux reflets de crêpe au beurre. 

Une vinaigrette balsamique (2/3 huile d’olive extra vierge, 1/3 vinaigre balsamique véritable, poivre et très peu de sel, car le fromage est déjà relativement salé), docilement repliée dans son bol ou petit verre n’attend que vous pour s’étendre et épicer cette salade légère et sans prétention. Trois tomates cerise pour ponctuer, et l’attirail digestif retrouve le sourire. 




À vous de goûter.