mercredi, décembre 19

[Préambule] Toast de panais et rillettes de chorizo

Cinquantième article ! Pour marquer le coup, soyons fous : créons une nouvelle rubrique. À l'aube de ces folles festivités que sont apocalypse et réveillons, force est de constater que l'innovation n'est de nouveau pas au rendez-vous... En dépit des tentaculaires Masterchef, Top chef et autres blockbusters de la poêle à frire (qui finalement ne servent pas à grand-chose), nombreux seront les marathoniens du foie gras bien lisse, bien cerclé, identiquement et uniformément entassé dans ces bons vieux frigos qui se rejouent la scène chaque année et sans vraiment d'évolution. 

C'est décidé : cette année, faisons la moue à l'onéreusement terne, au géométriquement fade ! Si les amateurs de foie gras pourront toujours trouver restaurateurs et charcutiers passionnés (oui, il en reste...) qui prennent le temps de cuisiner et d'épicer eux-mêmes leur produit noble, il reste aux autres une véritable corne d'abondance de produits de saison à assembler, la plupart d'entre eux ne coûtant pratiquement rien...

Vous riez ? Vous me pensez aussi timbré que le guilleret survivaliste du coin ? Qu'à cela ne tienne, prenons un exemple plus ou moins éloquent : depuis début novembre, votre marchand vous vend sans aucun faste ce tubercule blanchâtre que vous n'imagineriez pas une seconde voir trôner sur votre charmant chemin de table aux incongrus reflets pourprés... Détrompez-vous ! Vous avez là un support en or pour pas un rond ! Exit toasts carrés surcroustillants qui miettent-miettent partout et qui craqueraient net sous le poids des éléments surnuméraires entrant dans leur composition...

Or, une surface aussi typée qu'un toast de panais ne doit pas être reléguée bêtement au rang des supports sur lesquels on vient ranger tout et n'importe quoi (du fromage frais au foie gras en passant par un pâté curieux en provenance directe de la barquette). Plusieurs garnitures spécifiques pourraient venir contraster parfaitement avec la douceur moelleuse et très parfumée d'une fine (0,5 cm) tranche de panais sautée à l'huile d'olive : chèvre poivré, foie de morue...

Pour ma part, j'ai souhaité tenter une association risquée, mais qui, finalement, s'est révélée plutôt symbiotique. « Rillettes de chorizo »... Le nom épaterait ; et pourtant ! Le tour de main est à peine plus complexe que l'ouverture d'une boîte de conserve : quelques morceaux grossiers de la piquante espagnole (choisissez-la bien naturelle), une ou deux cuillères de fromage blanc, un maigre nuage de coulis de tomate, un bon coup de mixer pour harmoniser le plus possible l'assaisonnement et les textures... Une pincée de persil haché... Un point c'est tout !



Maintenant, libre à vous de crâner en vous montrant essoufflé d'avoir préparé ce préambule original soi-disant compliqué. Et puis, si cochonnailles et autres bouchées roboratives s'en suivent, pourquoi ne pas ouvrir un bon Morgon, entre deux rangées de bulles (qui sont de saison, parait-il...)

À vous de goûter !

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